David Price (part 1) : « Cette victoire au Mans est l’un des moments les plus importants de ma carrière ! »

@Mercedes-AMG Petronas Formula One Team

David Price est une sommité dans le monde de l’Endurance. Il a traversé plus de trente ans de sport automobile. Il a, entre autres, fondé David Price Racing (communément appelée DPR), une équipe de course, et travaillé pour les plus grands : Panoz, Nissan, McLaren, Mercedes, Porsche, etc… Nous avons rencontré le Britannique il y a quelques temps et avons ouvert son album souvenirs avec lui. Un vrai régal !

David Price crée son écurie en 1976 et débute par des petites séries de monoplaces en Grande-Bretagne à partir de la fin des années 1970 dont la Formule 3 britannique. De nombreux futurs pilotes de Formule 1 ont couru pour lui et son équipe : on peut citer pêle-mêle Martin Brundle (vainqueur des 24 Heures du Mans 1990), Johnny Dumfries (vainqueur des 24 Heures du Mans 1988), Tiff Needell ou encore un futur champion du monde de F1 (1992) du nom de… Nigel Mansell.

David Price Racing remporte le titre de champion de France de Formule 3 en 1982 avec Pierre Petit et le titre de champion de Grande-Bretagne de Formule 3 avec Johnny Dumfries en 1984. L’écurie fit également rouler en Formule 3 française quelques pilotes qui sont devenus connus, notamment en Endurance, comme Paul Belmondo, Fabien Giroix et François Hesnault de 1982 à 1986.

En 1987, alors habitué aux monoplaces, David Price se lance en Endurance devenant directeur d’équipe de Richard Lloyd Racing. Le Britannique revient sur ce choix à 180 degrés. « Je pense que c’était un question de circonstances. J’en avais un peu « marre » de la Formule 3 au milieu des années 80. Richard Lloyd était l’un de mes amis depuis très longtemps. Il m’avait demandé si j’étais libre et si j’avais envie de gérer son équipe, Richard Lloyd Racing (Porsche 962 C), car son ancien team-manager venait juste de partir. A l’époque, je venais à peine de démarrer une entreprise spécialisée dans la fibre de verre composite, j’avais donc besoin de temps pour la lancer et la développer. J’avais aussi besoin d’arrêter tout ce qui était compétition et, en particulier, ma propre équipe. J’ai alors dit « oui » à Richard, mais pas à temps complet. J’ai fait cela pendant un an et la deuxième année, Richard manquait cruellement d’argent. »

24 Heures du Mans 1987 / 962 C Team Liqui Moly de Price Cobb / Jonathan Palmer / James Weaver photo @eric le galliot

En 1988, David Price est contacté par Sauber-Mercedes qui démarre son programme Endurance via le Championnat du Monde des sport-prototypes et les 24 Heures du Mans. David Price ne peut refuser cette proposition intéressante. « En 1988, j’étais à Silverstone pour la deuxième course de la saison avec Richard Lloyd Racing et Max Welti (team manger de Sauber Mercedes, ndlr) est venu me trouver pour me demander si j’étais intéressé pour rejoindre l’équipe. Comme Richard (Lloyd) n’avait plus les moyens de me garder, j’ai dit oui et suis allé chez Sauber. Cela tombe bien, 1989 était la bonne année pour travailler avec eux (rires). » En effet, il va connaitre le succès aux 24 Heures du Mans avec la Sauber C9 #63 pilotée par Manuel Reuter, Stanley Dickens et Jochen Mass. Mieux encore, la marque signe un doublé avec la #61 et place même ses trois C9 dans le Top 5 avec la #62 de Jean-Louis Schlesser, Alain Cudini et Jean-Pierre Jabouille, 5e !

Départ Le Mans 1989 @24 Heures du Mans / ACO

Ce résultat reste ancré dans sa mémoire et représente l’un des ses meilleurs souvenirs en sport automobile. « Cette victoire aux 24 Heures du Mans fut l’un des moments les plus glorieux et importants de ma carrière, un véritable point d’orgue. Je me rappelle en 1984 quand nous roulions avec Johnny Dumfries en Formule 3 britannique. Nous allions sur chaque circuit dans l’espoir de gagner. C’était la même chose pour Peter Sauber, il voulait gagner sur chaque circuit et c’est ce que nous avons fait sur la majorité des tracés. Pour moi, il est plus facile de me souvenir de ces moments là que des mauvais car là, je vous assure, j’en ai pas mal (rires) ! Je me rappelle cette année là, en 1989, que nous avions mené une bonne partie de la course avec la Sauber C9 #61 de Mauro Baldi, Kenny Acheson et Gianfranco Brancatelli. Mais Mauro est sorti de la piste au niveau du pont Dunlop (retrouvez notre rencontre avec Mauro Baldi ICI et ICI) et c’est la voiture de Jochen (Mass) qui l’a emporté. »

@24 Heures du Mans / ACO

Par la suite, le Team Sauber Mercedes remporte, toujours avec David Price, le championnat du monde des sport-prototypes Equipes 1989 avec aussi le titre des Pilotes qui tombe dans l’escarcelle du Français, Jean-Louis Schlesser. Il est ensuite approché par Nissan Motorsports Europe pour diriger leur programme Endurance en 1990. « A la fin de cette année là, Nissan m’a approché. La proposition était intéressante et les choses changeaient du côté de Sauber. Je me suis alors dit qu’il était peut être temps d’aller voir autre part et j’ai accepté l’offre de Nissan. L’idée était de construire une nouvelle voiture avec un programme sur trois ans. Aux 24 Heures du Mans, le meilleur résultat d’une Nissan cette année là est la R90CP #23 de Masahiro Hasemi, Kazuyoshi Hoshino, Toshio Suzuki. Elle a même mené l’édition 1990 mais, portant les espoirs de la marque nippone après le retrait des « lièvres » Nissan #24 (photo) et #25, elle connait des soucis de refroidissement et de transmission. Elle termine 5e, le meilleur résultat à l’époque pour une voiture et un équipage japonais en Sarthe. De quoi laisser de bons espoirs par la suite pour David Price, mais… « à la fin de la première année, Nissan a tout fermé en Europe ainsi que Nissan Motorsport Europe. C’est dommage, cette Nissan (R90 CK) était vraiment une bonne auto ! Je suis alors parti chez Brabham en Formule 1 » où il devient directeur sportif en 1991. Il y retrouve deux pilotes britanniques : Martin Brundle et Mark Blundell (deux vainqueurs des 24 Heures du Mans).

David Price Racing revient à la compétition en 1995 en participant au nouveau championnat GT, le BPR Global GT Series, créé par Jurgen Barth, Patrick Peter et Stéphane Ratel. « Comme je l’ai précisé, j’étais chez Brabham en 1991 pour la Formule 1 et, par la suite, j’ai arrêté la compétition jusqu’en 1995. Je me concentrais juste sur l’expansion de ma société de composite (pour Sauber entre autres, ndlr). John Nielsen, que je connaissais depuis l’époque de la Formule 3, m’a un jour appelé pour savoir si j’étais intéressé pour faire rouler des McLaren F1 GTR pour le compte de Thomas Bscher via l’équipe West Competition… »

La suite… demain 🙂