Benoît Abdelatif (organisateur Classic Days) : « Le temple de l’automobile, ça ne se refuse pas »

Benoît Abdelatif, l’organisateur des Classic Days, a répondu à quelques questions à la fin de cette première édition qui s’est disputée au Mans.

Les Classic Days se déroulaient depuis onze ans à Magny-Cours. Pourquoi cette douzième édition a-t-elle eu lieu au Mans ?

« C’est une opportunité qui s’est créée. Quand on a l’occasion de pénétrer dans le temple de l’automobile, on ne peut pas la refuser. Le Mans Classic n’ayant lieu que tous les deux ans, il y avait cet espace utilisable, donc nous nous sommes un peu engouffrés dans la brèche. L’opportunité a été acceptée par Pierre Fillon et ses équipes de l’ACO. Pour nous, c’est une chance et on l’a saisie. Cependant, nous sommes toujours très attachés à Magny-Cours, la preuve en est qu’on est encore en discussions pour 2020. »

On pourrait voir les Classic Days au Mans les années impaires et à Magny-Cours les années paires ?

« C’est possible. Là aussi, il y aura une autre discussion avec l’ACO, puisqu’il faut que l’ACO soit contente de notre prestation. Si elle est satisfaite, on pourra envisager l’avenir. Pour ce qui nous concerne, nous avons ici une belle édition. Est-ce qu’elle est à la hauteur des attentes de l’ACO, je ne le sais pas encore. Nous n’en avons pas encore discuté, donc c’est trop tôt pour en parler. »

Le public a répondu présent, en tout cas…

« Je ne me rends pas trop compte, mais là, le fait que le public puisse aller partout, le fait de voir des tribunes très remplies, que ce soit celle au-dessus des stands ou celle du Dunlop, c’est vrai que la foule avait l’air bien là, au cœur de l’événement. »
Le schéma des Classic Days au Mans était-il le même qu’à Magny-Cours ?

« En termes d’organisation, c’était absolument identique. C’est une vraie transposition de l’événement dans un autre lieu. Ce qui était le plus important pour moi, c’était qu’on a conservé le même esprit. De ce que j’ai trouvé jusqu’à présent, on a toujours cette convivialité, ce côté plaisant de partage. Je suis content, car c’est pour moi la philosophie la plus importante. On a fait une entorse majeure au principe de fonctionnement du circuit Bugatti, car je pense qu’on doit être les seuls à avoir eu la pitlane accessible au public pendant que l’événement tournait et les gens ont adoré…J’ai discuté avec beaucoup de gens sur la pitlane, ils étaient ravis et ont adoré. »C’est vrai qu’au moment où la Matra 670B a pris la piste, il y avait du monde sur la voie des stands…

« Forcément, il y a des pics où les gens s’amassent, mais c’est bien canalisé, ça s’est passé dans de bonnes conditions, ça ne se bouscule pas, c’est vraiment tranquille. Il y a du monde, mais le fait qu’on les cantonne derrière la ligne blanche, ça permet que ça se passe bien, c’est bon enfant, ça contribue à l’esprit. Le public est très familial, mais j’ai été aussi agréablement surpris de voir, contrairement aux idées reçues, pas mal de jeunes, beaucoup de trentenaires. »

Quel est le ressenti des concurrents ? Est-ce que les habitués de Magny-Cours sont aussi venus au Mans ?

« Il y a un peu de tout, des anciens, des abonnés, mais aussi des nouveaux. C’est disparate, mais il y a une belle population qui nous a suivis, beaucoup pour la piste. Au niveau des concurrents, nous étions complets depuis janvier ! »

Combien de voitures en piste ce week-end ?

« Entre 450 et 500. Nous avions des plateaux très chargés. Celui « Avant Guerre » avait 56 ou 58 voitures, avec un nombre de Bugatti incroyable, près d’une trentaine, je crois. Le plateau des monoplaces, c’était la même chose.
Les Bentley du plateau « Avant Guerre » étaient fantastiques. Il y avait une Bentley3 litres et le Président du Club Bentley était ébahi, parce qu’il m’a dit que c’était un authentique moteur 3 litres, très, très rare au point que les Anglais n’en ont plus et montent des 4,5 litres dans leur Bentley. Cette Bentley 1923 est entièrement d’époque, on a tout le carnet, on a tout l’historique, c’est une pièce de musée fabuleuse.

Dans un genre différent, on a des Formule 1, des Formule 3000 (ci-dessus la Lola victorieuse à Spa en 1987 pilotée par Michel Trollé, NDLR). Des Formule 1 au Mans, ce n’est pas souvent… On avait aussi la Ford 3 litres, des Porsche 917, on avait la chance d’avoir la Matra. »

Donc, les Classic Days de retour au Mans en 2021 ?

« Si tout va bien, en 2021, on revient, oui. »

Avec le même schéma ou bien une ou deux courses en plus ?

« Il n’y aura jamais de courses. Les Classic Days, ce n’est pas fait pour ça. Il y a des gens qui le font très, très bien, comme Le Mans Classic, par exemple, qui le fait même extrêmement bien. Nous ne sommes pas là pour faire la même chose que les autres, nous sommes là pour répondre à une demande différente, il y a des gens qui ont d’autres attentes, qui ont de belles voitures anciennes, mais qui n’ont pas envie de faire de compétition avec. Le public du Mans Classic et celui des Classic Days n’est pas forcément le même, mais je pense que nous sommes complémentaires. »

Il y avait aussi des motos à Magny-Cours ?

« Non, c’était une première. Nous avions en plus le stand de Jean-Luc Gaignard, avec une impressionnante collection de motos, des authentiques motos championnes… »Donc, ces Classic Days au Mans, une impression positive ?

« Oui, tout à fait ! »