Ari Vatanen : « La sincérité du public français me touche ! »

Doit-on encore présenter un tel champion ? Ari Vatanen, c’est un titre de champion du monde des rallyes en 1981, dix victoires en mondial, quatre Paris Dakar, une victoire en 1988 de Pikes Peak International Hill Climb ! Âgé maintenant de 68 ans, le Finlandais prend beaucoup de plaisir sur les événements historiques. Il est d’ailleurs cette semaine l’ouvreur, avec François Chatriot, du Tour Auto Optic 2000 version 2020. Endurance Classic a pu le rencontrer au Grand Palais lundi…

Vous êtes très présent dans les événements historiques comme Rétromobile, Classic Days ce week-end, le Tour Auto cette semaine. Qu’est ce qui vous attire ?

« Ce sont des belles opportunités pour moi. Je reçois des invitations comme ce week-end lors des Classic Days, un événement très bien organisé. C’est l’esprit des événements classiques qui m’attire. Je rencontre des gens intéressés par la vie, intéressés par les voitures. Ils sont sincères et rien ne dit que leurs rêves ne sont pas légitimes. Chacun a sa vie, chacun a ses rêves et ce que je veux c’est rester dans cette ambiance ! »

Vous êtes ouvreur sur le Tour Auto cette année. En quoi cela consiste ?

« C’est un peu comme dans n’importe quel rallye en fait. On est là pour voir si la route est libre, qu’il n’y a pas de vache (rire) ou un tracteur qui arrive en face ! On vérifie qu’il n’y a pas de danger, que l’organisation est ok, que les commissaires sont en place et que les concurrents peuvent alors passer. C’est une semaine très dure pour moi ! Je dois rouler dans cette magnifique BMW M2 CS de 450 chevaux, déjeune et dîner dans des châteaux (rire). »

Avez-vous déjà fait le Tour Auto en tant que concurrent ?

« Non, jamais, et je veux rester ainsi, être ouvreur et, comme cela, je suis devant tout le monde, cela me convient mieux (rire). »

Vous êtes très présent dans les événements français. Vous êtes toujours aussi populaire auprès des gens. Quel est votre rapport avec la France ?

« C’est une très bonne question ! Ce week-end à Magny Cours pour les Classic Days, c‘est toujours pareil. Les gens viennent vers moi, je vois leurs mains presque trembler et toute cette sincérité me touche ! Ils m’accueillent les bras ouverts et ils me disent que j’ai bercé leur jeunesse, que je les ai faits rêver. C’est quelque chose de très authentique, de très sincère et j’en suis ému à chaque fois ! C’est une tranche de leur vie et, d’une certaine manière, à ces moments là, les gens étaient dans la voiture avec moi. Il y a peu de personnes qui peuvent partager cela et c’est une reconnaissance énorme pour moi, j’en suis tout simplement honoré ! »

Le fait d’avoir roulé pour Peugeot et Citroën en compétition aide aussi à votre notoriété ?

« Evidemment, c’est clair ! En plus, cela s’est passé dans les années 80 avec les Groupe B en rallye puis quand le Paris Dakar était un événement énorme en France. Même Pikes Peak a été rendu célèbre avec le film (ci-dessous). Rien que le fait de lever le bras pour me protéger du soleil est devenu un geste iconique. Il y a donc eu plusieurs petites choses comme cela qui ont fait que c’est rentré dans la mémoire collective des gens. »

Quelle a été votre voiture préférée dans votre carrière ? La Peugeot 405 Turbo 16 Pikes Peak justement ?

« Oui, elle en fait forcément partie. On parle souvent de Stradivarius en musique. Pour moi, cette 405 Turbo 16 Pikes Peak a été mon stradivarius : 900 kilos, 600 chevaux ! Et cette piste  : vingt kilomètres, dix minutes, que de la terre battue, pas de rail, c’était fantastique ! »

Y‘en a-t-il d’autres ?

« Tout au début oui, la Ford Escort des années 70. La voiture était simple, le moteur Cosworth était un bijou. Elle convenait vraiment bien à mon style de conduite, elle était facile à mettre tout le temps en travers ! »

On vous a rarement vu en circuit. Pourquoi ?

« Ce n’est pas vrai. Au début, en 1976, pour ma première année en Angleterre, j’ai participé à une série en circuit avec une Ford Escort. A part cela, vous avez raison, j’ai fait très peu de circuit. Je suis allé au Nürburgring deux fois pour la course d’endurance et une autre fois avec la voiture championne du monde de Formule 1 avec Keke Rosberg. C’était en 1982, une semaine après son titre ! Et j’ai pu essayer cette voiture. Aujourd’hui, quelque chose comme cela serait inimaginable ! Pensez, Lewis Hamilton avec un petit pilote de rallye comme moi en train de rouler ensemble (rire) ! Le Nürburging est vraiment le seul circuit qui m’a vraiment intéressé et cela m’a donné beaucoup de respect pour les pilotes de F1 ! »

Vous verra-t-on un jour à Le Mans Classic ?

« J’y suis allé une fois au Mans, je crois, mais il n’y avait pas de compétition. Pour Le Mans Classic, ce sont les dates qui ne m’arrangent pas, mais c’est prévu, j’irai car c’est une superbe manifestation ! »

Et en tant que concurrent ?

« Non, non. J’ai failli mourir plusieurs fois dans ma carrière, j’ai réussi à survivre à chaque fois quand même ! Je ne veux plus tenter ce genre de choses. J’adore piloter, avoir cette puissance, pouvoir encore un peu attaquer, mais sans le coté chronométré ! Je veux que ce soit du pur plaisir, mais plus dans un cadre de compétition ! »