Une Jaguar XJ220C de 1993 mise en vente à Londres !

Dans quelques jours, la superbe XJ220C des 24 Heures du Mans 1993 va être mise en vente par Bonhams dans la capitale britannique. Petite rétrospective de ce modèle qui a défrayé la chronique cette année là !

Cinq ans après les deux triomphes de la marque britannique dans la Sarthe en 1988 et 1990, Jaguar décide de revenir en 1993, mais en catégorie GT, dans une classe appelée C4. Seuls quatre exemples du nouveau modèle, la XJ220 C (pour Compétition), sont préparés selon les spécifications FIA/IMSA en 1993. Aux 24 Heures du Mans, trois autos sont alignées :

  • châssis ‘002’ #50 John Nielsen/David Brabham/David Coulthard
  • châssis ‘001’ #51 Win Percy/Armin Hahne/David Leslie
  • châssis ‘003’ #52 Paul Belmondo/Jay Cochran/Andreas Fuchs

Face à ces Jaguar XJ220 C engagées par Tom Walkinshaw Racing (TWR), on trouve sept Porsche Carrera RSR, quatre Carrera 2 et la Turbo S LM d’usine, cinq Venturi 500LM, deux Lotus Esprit Turbo et une Ferrari 348 LM. Les « Jag » sont équipées d’un moteur V6 biturbo de 3.5 litres, comme le modèle de série, fonctionnant avec des restricteurs limitant leur puissance à 500 chevaux.

Au final, la n°50 remporte ces 24 Heures du Mans…mais la victoire est de courte durée. Au cours des essais, Alain Bertaut, Président du Collège des commissaires et  directeur adjoint de l’épreuve, avait remarqué que les XJ220C fonctionnaient sans les convertisseurs catalytiques qui étaient montés sur les modèles routiers standard. Il a considéré qu’il s’agissait là d’une infraction aux règlements techniques, estimant que de tels convertisseurs catalytiques, s’ils sont spécifiés pour le modèle de base, devraient également être conservés pour la compétition.

La Jaguar XJ220C avait cependant été construite conformément aux règles de la classe GT internationale de l’IMSA, qui étaient également acceptées par l’ACO, rendant ainsi les voitures compatibles avec la réglementation des courses des deux côtés de l’Atlantique. Aucun autre concurrent au Mans n’utilisait de convertisseurs catalytiques pour la course, et Tom Walkinshaw a vivement débattu de la question avec Alain Bertaut. Le responsable technique d’IMSA, Amos Johnson, prit alors le parti de TWR dans ce différend, et Alain Bertaut permit finalement aux nouvelles XJ220C de participer à la course du 24 juin, mais seulement sous appel.

Cependant, après la course, l’ACO a décidé que l’appel en instance de TWR n’avait pas été soumis à temps à la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) comme requis. Ce dernier a donc été rejeté et le châssis du Jaguar XJ220C victorieux a été déclaré non réglementaire, la voiture et son équipage ont été disqualifiés et Porsche a donc hérité d’une nouvelle victoire en GT Le Mans (Porsche 911 Carrera RSR n°47 de Labre Compétition pilotée par Joël Gouhier, Jürgen Barth et Dominique Dupuy).

A noter que ce fut la seule participation du futur pilote Williams, McLaren et Red Bull Racing en Formule 1, David Coulthard. Ce dernier avait avoué : « Avant de venir ici, j’avais l’attitude habituelle des pilotes de monoplace, à savoir que ce sont les meilleurs au monde, mais mes yeux ont été ouverts. J’ai sous-estimé à quel point Le Mans est difficile. J’ai maintenant beaucoup plus de respect pour tous les gars qui courent ici…. ».

Après la course et sa disqualification, la voiture a rejoint le musée des ateliers Tom Walkinshaw Racing puis a été vendue au Sultan de Brunei. Elle a ensuite été acquise par William Loughran en août 1999 et après une autre brève acquisition intermédiaire par le vendeur actuel. Elle sera mise en vente par Bonhams à Londres le 1er décembre prochain. Son prix est estimé entre 2.3 et 3.2 millions d’euros.

Ci dessous, l’ancien pilote d’endurance, Alain De Cadenet, teste la version civile puis la version course de la Jaguar XJ220.