Hugues Baude : « Nous remettons en course des Ferrari 550 Maranello ! »

Hugues Baude, le directeur technique de Solution F, nous a parlé de sa Foenix. Cependant, l’activité de cette entreprise ne s’arrête pas à la construction et au développement de ces autos. Il nous en dit un peu plus. « Au niveau auto, nous avons deux autres branches, en dehors des Foenix. Les suspensions 4.42 qui ont eu leurs heures de gloire en 2005 avec le Dakar, nous équipions à cette époque les Volkswagen Touareg, et en 2004 avec la fameuse Pescarolo aux 24 Heures du Mans qui aurait dû gagner. Nous pouvons, avec cette spécialisation, répondre aux différents défis du marché. L’autre branche est le classique qui est un peu difficile à développer. Nous avons de belles autos, nous avons entretenus quelques unes (dont une Venturi) et nous sommes spécialisés dans certains moteurs. Nous avons une légitimité à remettre des autos à neuf pour des clients qui ont du mal à trouver des enseignes sérieuses dans le domaine historique. Cependant, depuis deux ans, nous sommes un peu coincés car nous avons mis le doigt dans un engrenage. Nous remettons en course des Ferrari 550 Maranello. Le secteur historique existe donc, mais nous sommes focalisés à 90% sur ces autos. D’ailleurs, Solution F a fait rouler les dernières 550 en FIA GT avec Sébastien Loeb à Nogaro et Olivier Panis au Castellet. »

Solution F remet donc en état les fameuses Ferrari 550 Maranello qui ont fait les beaux jours des 24 Heures du Mans, des 24 Heures de Spa et du FIA GT. Il nous détaille le processus. «Ces autos se sont retrouvées dans des collections. Nous en avons sorti deux qui ont servi à faire des essais de pneus pour Michelin. Depuis 2017, ces voitures sont de nouveau intégrables dans des plateaux de course, mais leur valeur est montée en flèche. Nous sommes donc rentrés dans une 3e vie de la voiture, celle de collection. Nous prenons donc ces 550 dans les musées, nous les remettons dans la course. Nous en avons livré une l’année dernière aux Etats-Unis qui roule en Masters Endurance Legends et une autre à un collectionneur anglais. Nous sommes en train de remonter le châssis #8 qui sera livré à la fin de l’année. Ces autos valent environ 3 millions et demi d’euros, celle qui a gagné les 24 Heures du Mans (2013) environ 5 ou 6 !  Le client qui achète ce type d’autos est en droit d’attendre une super qualité de prestation. L’avantage est que nous ne sommes pas tombés sur des spéculateurs. Les autos ont été livrées dans leur jus, révisées et prêtes à courir au contraire de la Ferrari F40 que nous avons pu voir à Silverstone qui était comme neuve, sortant du show room. Ce n’est pas ce que nous voulons. Ce marché continue donc et, sur les 10 ou 11 voitures que possède Frédéric Dor, à raison de deux ou trois ressorties des musées par an, nous avons quelques années devant nous pour pouvoir développer notre activité. »

Bien entendu, pour remettre ces autos sur piste, il faut des pièces authentiques de 550. Lorsque l’activité historique a démarré, Solution F s’est donc tout naturellement rapproché de Prodrive. « Lorsque Prodrive a quitté Banbury, ils avaient besoin de place. De plus, ils avaient perdu les gens qui, historiquement, avaient travaillé sur les 550, ils ne savaient donc plus trop à quoi correspondaient les pièces. Avec leur changement de système informatique, ils étaient aussi perdus dans leur inventaire. Nous avons alors fait une offre à David Richards pour racheter la totalité du stock de pièces, l’outillage, deux marbres qui traînaient là bas pour refaire les moteurs et les châssis. Il a accepté. »