24 Heures du Mans 1988 : le saviez-vous ?

– Dunlop fêtait son 100e anniversaire aux 24 Heures du Mans 1988. Afin de célébrer l’anniversaire, Kyohei Yokose, président de Sumitomo Rubber Industries, était chargé de donner le départ de l’épreuve.

– Victime de deux accidents dans la ligne droite des Hunaudières en 1984 et 1986, Jean-Louis Schlesser a décidé de faire l’impasse sur Le Mans en 1988. « Un titre de champion du monde passe pour moi après une prise de risque au Mans » déclarait le pilote Sauber Mercedes qui comptait quatre podiums en autant de courses avant d’aborder Le Mans. « En 1984, j’ai mis 600 mètres à arrêter ma Porsche après avoir éclaté une roue avant. Je n’ai jamais critiqué l’organisation du Mans où j’ai beaucoup d’amis. Ce sont des gens sympathiques et compétents. Mais aujourd’hui, les grosses Group C ne sont plus faites pour courir sur ce circuit. Les 24 Heures avec des Groupe A, ce serait formidable. »

– Les Jaguar ont dû repasser devant les contrôleurs techniques. La ‘queue’ des XJR-9 était trop longue de 1 à 3 centimètres. La #22 était aussi trop large de 2 centimètres.

– Porsche utilisait l’injection électronique Motronic Bosch 1.7 installée dans la Formule 1 à moteur TAG Porsche en 1987. « Nous avons progressé en consommation, en puissance aussi », commentait Jürgen Barth. « Nos voitures sont plus agréables à conduire pour nos pilotes. » Seule la 962 de Stück/Bell/Ludwig était équipée de l’injection électronique.

– 200 cardiologues français se sont servis des 24 Heures du Mans pour procéder à une étude de la pression artérielle. Une caméra vidéo et un micro étaient placés dans la Jaguar d’Henri Pescarolo afin de permettre aux cardiologues de suivre la course, tandis qu’une centaine d’entre eux étaient équipés de tensiomètres ambulatoires miniaturisés.

– Le circuit était équipé de 65 buvettes. 14 poids lourds ont amené des boissons sur le circuit (environ 400 000).

– Jean-Marie Balestre, président de la FIA, assurait le show lors de la traditionnelle conférence de presse avec l’annonce d’un profond remaniement de la discipline : « Nous pouvons parler d’une très grande révolution dans les cinq prochaines années. Pour la première fois, le même moteur 3,5 litres atmo sera utilisé en F1, en Championnat du Monde des Sports Prototypes et en Silhouette. La FIA donne désormais priorité au moteur atmosphérique. Le turbo, qui ne représente plus que 2% de la production mondiale, était impossible à contrôler.

– La Jaguar XJR-9 #1 de Martin Brundle et John Nielsen était la seule à être équipée d’un klaxon afin de pouvoir se frayer un chemin plus facilement dans la voie des stands.

– L’édition 1988 voyait la plus large diffusion à travers le monde. Pas moins de 15 pays recevaient en direct les images via 6 satellites. TV Asahi (télé japonaise) déplaçait 30 personnes pour 8 heures de direct. Screen Sport, chaîne européenne par satellite, retransmettait 10h30 de live en trois langues.

– Klaus Ludwig a bien failli rester planté à l’entrée du virage… Porsche sur sa 962 C. La #17 s’est immobilisée en panne d’essence peu de temps avant de ravitailler. Il aura fallu que le pilote allemand tire à plusieurs reprises sur le démarreur pour rejoindre son stand. Résultat : 6 minutes perdues. Klaus Ludwig a juste bouclé 16 tours au lieu des 15 prévus. Quand on sait que la #17 a terminé l’épreuve à la 2e place à 2.36 mn de la victoire…

– Sur ses terres, Patrick Bourdais remportait la course réservée aux Peugeot 309 GTI. Le Manceau bouclait les 6 tours en 27mn. Jean-Pierre Beltoise terminait au pied du podium, cinq places devant François Migault. Marc Rostan prenait la 18e place.

– La nouveauté de ces 24 Heures du Mans était aussi du côté de la direction de course qui pour la première fois disposait de 14 caméras installées tout autour du circuit.

– Alors qu’il avait mis un terme à sa carrière, Claude Ballot Léna est revenu sur sa décision pour épauler son ami Jean-Louis Ricci : « Jean-Louis m’a redonné la pêche. Ces dernières saisons, j’avais l’habitude de rouler avec des vieux, complètement blasés. Là, j’ai retrouvé un mec qui a un enthousiasme terrible et qui me l’a communiqué. J’aime son approche de la course. »

– En passant de Mercedes à Jaguar, Henri Pescarolo comptait bien se faire une place au soleil en rentrant tout juste du Rallye de l’Atlas et avant la course aérienne de la Vanille : « Cinq voitures, c’est beaucoup à mon sens mais je fais confiance à Tom Walkinshaw. Il connaît parfaitement bien son affaire. Ses voitures ont un potentiel énorme. J’ai pu le constater lors d’essais privés. J’aurai vraiment entre les mains la voiture pour gagner. C’est incroyable, mon sponsor s’est retiré juste au moment où les Sauber commençaient à marcher. Mais je ne regrette rien, Mercedes n’a pas encore, à mon sens, l’expérience suffisante pour gagner Le Mans. »