Marcel Fässler, part 1 : « Je suis tombé sous le charme du Mans ! »

Marcel Fässler fait partie de ces rares pilotes qui comptent trois victoires aux 24 Heures du Mans. Seuls huit hommes ont fait mieux que lui : Tom Kristensen (9), Jacky Ickx (6), Derek Bell, Frank Biela et Emmanuele Pirro (5), Henri Pescarolo, Yannick Dalmas et Olivier Gendebien (4). Il compte aussi un impressionnant palmarès : les 24 Heures de Spa 2007, les 12 Heures de Sebring 2013, une victoire en catégorie GTLM aux 24 Heures de Daytona en 2016 et un titre de Champion du Monde WEC en 2012. Nous avons rencontré le pilote suisse pour égrainer ses différentes participations aux 24 Heures du Mans.

Tout commence en Sarthe en 2006 avec une Courage LC70 de l’équipe Swiss Spirit. Il partage alors le volant avec son compatriote, Harold Primat, et l’Autrichien  Philipp Peter. Le pilote suisse se rappelle bien de ses premières impressions de l’époque. « J’ai d’abord été surpris de la chaleur qui y régnait. Ensuite, je connaissais déjà le circuit puisque j’avais intégré la Filière juste à coté, mais je ne l’avais jamais vu aussi plein que ça, quelle foule ! J’ai alors compris que le tracé du Mans commence à vivre avec les 24 Heures. Cette année-là, j’ai pu sentir et comprendre ce que l’on appelle l’Esprit du Mans. Une autre chose était nouvelle pour moi : être obligé d’être présent plus d’une semaine avant le départ de la course. Sur les épreuves traditionnelles, on arrive le jeudi et on repart après l’arrivée, le dimanche. Cependant, je me suis mis à aimer ça (rire). Je me rappelle également du départ : j’en avais été chargé, j’étais très nerveux. Le Mans est quelque chose que j’ai adoré, je suis tombé tout de suite sous le charme et que je ne suis pas prêt d’oublier. » L’année se poursuit de la plus belle des façons avec deux podiums en Le Mans Series et une 2e place aux 24 Heures de Spa avec l’Aston Martin DBR9 de Phoenix Racing (Andrea Piccini, Jean-Denis Deletraz, Stéphane Lémeret).

Lors de l’édition suivante, il roule de nouveau pour le compte de Swiss Spirit (Lola B07/18 avec Iradj Alexander et Jean-Denis Deletraz). Piloter pour une équipe suisse fut un élément important pour Marcel Fässler. « Quelques-uns de mes amis avaient créé cette écurie. Ils habitent Genève, ce sont des vrais passionnés. Ils essayaient de construire une sorte de filière suisse afin de pousser les pilotes. Jamais un Suisse n’avait encore gagné les 24 Heures du Mans au général. C’était leur but, leur rêve ! C’est l’une des raisons de la création de Swiss Spirit. Je suis vraiment très fier et honoré d’avoir fait parti de ce projet car c’est ce qui m’a fait apprendre les 24 Heures du Mans. C’est certainement une des raisons de mes différents succès ici. »

L’aventure Swiss Spirit dure deux ans avant qu’il ne rejoigne d’abord Team ORECA-Matmut en 2008 (Courage-ORECA LC70 avec Olivier Panis et Simon Pagenaud, abandon) puis Corvette Racing une première fois. « 2009 avec Corvette, ma première participation avec eux, reste un très bon souvenir. Cela représentait beaucoup pour moi car c’était la première fois que je faisais les 24 Heures du Mans avec un constructeur. De plus, j’étais en mesure de gagner. Nous nous sommes battus (il était associé à Oliver Gavin et Olivier Beretta, ndlr) avec la voiture sœur. Corvette Racing, c’est comme une famille, il y a des gens encore actuellement au sein de l’équipe qui était déjà là en 2009. »

Jusqu’à ce moment là, Marcel Fässler n’avait jamais été trop verni aux 24 Heures du Mans. « Les premières années au Mans n’ont pas été glorieuses car je n’ai pas vu l’arrivée lors de mes quatre premières éditions. Ne pas voir le drapeau à damiers a été un peu frustrant, je l’avoue. » Tout va cependant changer en 2010 lorsqu’il rejoint l’équipe Audi Sport. « Avant de faire de l’endurance, j’ai roulé plusieurs saisons en DTM. Quand Opel a quitté le championnat, j’ai gardé contact avec Audi en vue de l’année 2006. Malheureusement, il n’y a pas eu de place pour moi. Comme j’ai toujours voulu disputer les 24 Heures du Mans, j’ai souvent appelé le Dr Ullrich pour qu’il me donne la possibilité de rouler pour Audi. J’aurais déjà dû courir pour eux en 2009, mais la situation économique aux Etats-Unis faisait que la marque pourrait arrêter en ALMS. J’avais déjà fait quelques courses aux USA pour Audi en 2008. Comme cela ne s’est pas fait, j’ai été ravi de pouvoir intégrer Corvette Racing. Cependant, nous sommes tout le temps restés en contact, mais je n’y croyais plus vraiment. Fin 2009, ils m’ont pourtant appelé pour me demander si j’étais toujours intéressé de rouler avec Audi. Au début, je n’y croyais pas vraiment (rires), mais ils m’ont rassuré en me disant qu’ils me voulaient bien dans l’effectif de pilotes. C’est à ce moment-là que notre historie entre André (Lotterer) et Benoit (Tréluyer) a commencé. A ce trio, je ne veux surtout pas oublier Leena Gade (leur ingénieure de course, ndlr). Nous avons formé notre trio en 2010 puis elle est arrivée en 2011. »

A suivre…